I'm crazier than you are

Né en 1978, je suis traducteur et auteur dans les domaines des littératures de l'imaginaire: SF, fantasy, fantastique. Mes nouvelles vont de l'anticipation au surréalisme en passant par le merveilleux.

Mon site web s'appelle pompeusement comme moi, mais j'avais pas trop le choix non plus.

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Jeudi 18 décembre 2008
Allez, tous les copains se livrent à l'exercice, et il faut dire qu'il est rigolo, alors à mon tour. L'interface d'administration d'Over-blog permet de voir par quelle combinaison de mots-clés les internautes parviennent sur le blog qu'on tient quand ils passent par un moteur de recherche. De grands moments d'étrangeté en perspective, de petits univers révélés par les centres d'intérêt d'un visiteur anonyme.

Let's do the Google dance.


Il y a déjà une première catégorie de visiteurs ancrés dans le réel. Mais genre, bien ancrés, avec les deux pieds coulés dans le béton, le regard sur l'horizon et l'oreille au Blackberry. J'espère ainsi que l'internaute qui recherchait "American way of life, grosse maison, grosse voiture" n'a pas été trop déçu de découvrir que ce blog ne proposait pas le mode d'emploi demandé. (Enfin, si, toi et moi, cher lecteur, nous avons dépassé ce stade, délaissant la richesse vulgaire au profit de l'ambroisie et des jeux de mots stupides. J'avais révélé Le secret pour gagner beaucoup et sans le moindre effort tout en restant chez soi en guise de troisième entrée de mon ex-blog MySpace. Forcément, après, j'avais plus grand-chose à dire.)

Par ailleurs, si j'avais su que proposer "la crise financière en temps réel" risquait de m'attirer de l'audience, je m'y serais mis plus tôt. Mais je peux exaucer cette attente, ne t'en va pas, visiteur, c'est pour toi.

10 PRINT
« Bob!
— Dude?
— On est dans la merde. Vends tout.
— J'en ai plus.
— Alors rachètes-en pour en revendre. »
20 GOTO 10

De rien, ça me fait plaisir.

Comme quoi celui qui cherchait de la "Political demotivation" risque d'avoir été mieux servi, lui.


Mes aventures téléphoniques m'attirent aussi de nombreux internautes confrontés à l'âpre et désespérante jungle de la Société de l'Information. Hélas, cher visiteur, je suis désolé. J'ai un aveu à te faire. Je déteste le téléphone. Je hais les portables. J'en ai un, mais il me sert de répondeur et vaguement de machine à envoyer des SMS quand, par extraordinaire, je n'ai pas de connexion au Net. Mais, tout aussi bizarrement, je ne peux pas en recevoir (non, laisse tomber, ce serait trop long à expliquer). Faire preuve de naturel quand je parle dans le tuyau me demande autant d'efforts que de sourire à un créationniste. Tu pourrais me répondre, cher visiteur, que je ne connais pas de créationniste et que je pourrais donc dépenser cette énergie inutilisée en téléphonant plus souvent. Eh bien, cher visiteur, je me permettrai de te rétorquer qu'on était en train de parler de tes téléphones, pas de créationnisme, tu seras gentil de ne pas détourner la conversation comme ça, c'est incroyable, ça.

Bref. A toi, oui, toi dont je sens la détresse - "on m'a vendu un téléphone volé" -, je répondrais que t'es mal. Mais tu sais, dans ce genre de cas, il n'y a pas 36 possibilités. Tu vas chez les flics, tu portes plainte contre la boutique, tu râles. Il y a des lois. Ah, tu l'as acheté à un particulier? A un copain? A un inconnu? Tu sais, dans ce genre de cas, il n'y pas 36 possibilités. Tu postes l'anecdote sur VDM, et puis... C'est tout.

Celui qui cherchait "Naze telecom", en revanche, a dû plus apprécier sa visite. Surtout pour le côté naze, hein. Pas telecom.

Et puis il y a une requête que je trouve au choix très mignonne ou très inquiétante: "changer la voix temps réel gratuit". Ecoute, si tu veux impressionner les filles, tu sais, attends un peu, ce n'est qu'un passage, moi aussi on me prenait pour ma mère quand je répondais au téléphone à l'âge de dix ans, mais maintenant je chante du black metal, j'ai une grosse barbe et je fais peur aux petites vieilles qui se retrouvent dans l'ascenseur avec moi, tu verras, la vie te donnera ta revanche.

Par contre, si c'est pour faire du terrorisme, je dis: c'est mal. Bouh. Kids, don't try terrorism at home.

Photo Rodney Smith

Et puis il y a mes préférés, les recherches complètement improbables, surréalistes, poétiques, qui aboutissent ici, sans qu'il n'y ait aucune réponse mais, quelque part, je suis absurdement heureux que des requêtes aussi curieuses donnent sur cet endroit - il faut le dire - foncièrement inutile.

Il y a déjà "vraiment navré de cet oubli". Ecoute, franchement, ce n'est pas grave. Ca nous arrive à tous, et je suis prêt à parier que cela se reproduira. Mais tu sais, si tu as oublié quelque chose sur ce blog, n'aie crainte, je te le garde en attendant. Reviens quand tu veux, il t'attendra là où tu l'as laissé.

Il y a celui qui cherche un "mot débile". Voilà enfin une demande pour laquelle je me sens pleinement qualifié. Attention, cher visiteur, tu es prêt? Bien. Respire un grand coup. Je t'offre ce mot: glabënchlaf. Il est débile, ça, c'est une certitude. Je peux te fournir un certificat d'authenticité. Fais ce que tu veux de ce mot. Il est à toi. Je pourrais aussi te présenter au visiteur qui cherche un "jeu de mot débile" et à celui qui aurait aimé un "jeu de mot sur Nantes" (sauf que j'ai dit que je n'en avais pas trouvé, haha, pwned).

Je suis confus pour l'internaute qui cherchait "jeu vidéo impliquer internet maison des feuilles", mais le célèbre livre de Danielewski n'a pas encore donné naissance à une adaptation vidéoludique. En même temps, MC Escher est mort, et il aurait au moins fallu l'avoir à la direction artistique. Et la couleur tombée du ciel à la palette graphique.

Enfin, je suis très interloqué par celui qui recherche "Davoust en chinois". S'il trouve, ça m'intéresserait de savoir.

Et puis il y a une requête tellement mignonne qu'elle m'a désarmé et je suis navré, mais je ne peux y répondre. Elle concerne la recherche d'une "histoire réelle heureux". J'imagine un gamin découvrant les méandres d'Internet avec un sourire édenté, captivé par la masse de la connaissance humaine, ou bien une jeune femme déjà un peu déçue par la vie, les cheveux en désordre, les yeux creux, qui voudrait juste croire que tout n'est pas si moche. Qu'est-ce que je peux faire?

Rien.

J'ai des histoires réelles. J'ai des histoires heureuses. Mais les deux?

Well, I can do the Google dance.
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Mercredi 10 décembre 2008
Les concerts de têtes d'affiche métal goth ou symphonique ne sont pas si courants en France et la venue d'Epica (Simone Simons, chanteuse, ci-contre) était assez attendue, surtout après l'annulation de leurs concerts en début d'année.

L'Olympic de Nantes est une salle bien adaptée à ce type de musique: assez petite et bien sonorisée, elle permet de profiter de la performance des musiciens et d'un son clair, puissant mais pas assourdissant, comme j'avais pu le constater lors de la venue de Within Temptation en 2006 pour la sortie de The Silent Force.

Le concert s'est ouvert sur une première partie d'abord assurée par Kells, groupe français qui vient de sortir son premier album, Gaïa. Le son est lourd, le chant tonique, et les compositions péchues se permettent même quelques variations harmoniques intéressantes et relativement inattendues. Du métal mélodique pas toujours très original mais diablement efficace (et c'est ce qu'on demande); et, surtout, plus intelligemment fait que le sommet de l'iceberg connu du grand public, comme les Evanescence et autres. Je reste en revanche un peu interloqué par le jeu de scène de Virginie, la chanteuse, qui aurait plus sa place dans une rave-party que dans un concert de métal, et plus dubitatif encore face à ses interventions qui se résument à donner les dates des prochains concerts et à nous encourager à acheter l'album présent à la boutique, si, si, vraiment, il y est, il est pas cher, et puis vous ne voulez pas aller le prendre? Je comprends qu'un groupe qui commence doive faire sa promo, mais too much is too much, et cela donne l'impression d'un show tellement rôdé qu'il va jusqu'aux interventions de la chanteuse. Bref, un léger manque de naturel et surtout de complicité avec le public. (Il me faudrait aussi adresser une pique aux 5-6 emo kids venus écouter du métal parce que ça fait cool et qui n'ont pas compris que non, on ne pogote pas en milieu de salle, on n'est pas chez Pleymo, le public métal vient écouter de la musique et pas se foutre sur la gueule.) Cela étant dit, Kells restera pour moi une bonne surprise.

Par contraste, les quelques morceaux que je connaissais d'Amberian Dawn ne m'avaient pas spécialement marqué, trouvant certains plans trop classiques (allez, les gars, le premier arrivé au point d'orgue a gagné), mais j'ai découvert que cela fait partie de ces groupes qui prennent toute leur dimension en live. Au contraire de la relative distance de Kells, le groupe a tout de suite établi une complicité avec le public, jouant avec lui, et, surtout, dégageant énormément d'énergie et de fun sur scène. Pas un gramme de prise au sérieux, juste d'excellents musiciens heureux de jouer entre eux et pour un public qui lui a rendu pleinement cette joie d'être là. La sonorisation a parfaitement restitué le contraste entre rapidité instrumentale et chant aérien, à laquelle la production studio ne rend vraiment pas justice. Bref, un moment d'alchimie unique comme il s'en passe parfois en concert et qui m'a poussé à écouter leur production d'un oeil neuf - et très intéressé. (J'adresse aussi, en passant, un souvenir ému à cette guitare vert pomme qui avait l'air autant à sa place entre les mains du rythmique qu'un banjo entre les mains de Dani Filth et à la backlineuse qui a accordé à la salle entière une vue imprenable sur ses fesses du haut du mur d'amplis. Ah, la joie des derniers concerts de tournée...!)


Et la tête d'affiche, ah... J'attendais ce concert avec une grande curiosité, trouvant qu'Epica, dans ses premiers albums, malgré des plans superbes, courait le risque de la répétition (Consign to Oblivion étant pour moi trop semblable à The Phantom Agony), tendance corrigée par leur dernier album, The Divine Conspiracy. Eh bien, ce fut une véritable claque qui démontra sans l'ombre d'un doute qu'Epica fait partie des grands, des très grands de la scène métal symphonique actuelle (mais puis-je être vraiment impartial avec un groupe qui a fait son cheval de bataille de la manipulation par les religions...?). Principalement parce qu'ils savent conserver un équilibre extrêmement délicat dans ce genre: la richesse de composition face à l'efficacité (équilibre particulièrement loupé par After Forever sur Invisible Circles, par exemple). La scène met parfaitement en avant cette finesse, privilégiant l'émotion et la musique sans jamais tomber dans la démonstration stérile de virtuosité (et pourtant, le talent des musiciens n'est pas à démontrer). Ce fut un spectacle grandiose, un groupe en très grande forme malgré la chaleur à crever de la salle, porté par des compositions magnifiques et un chant sublime comme toujours, qu'il s'agisse de Simone Simons ou de Mark Jansen (grunts, screams). Une petite surprise, d'ailleurs, sur la voix de Simone qui sonne beaucoup plus "pop" en live qu'en studio, sans cette teinte opéra, chaude et ronde qu'on lui connaît d'habitude, ce qui donne aux morceaux une coloration différente et assez intéressante. Un voyage à couper le souffle, dont je suis rentré enchanté, ébahi, avec des images et du son plein les oreilles.



Bref, la musique à son meilleur, quand les connaissances théoriques et l'habileté sont si poussées qu'elles servent le discours et le portent, invisibles, au lieu de le remplacer (comme chez Therion, par exemple). Je m'aperçois que cela rejoint mon idéal rêvé de la littérature: le style, la virtuosité se doivent d'être travaillés, poussés, affinés au point de disparaître et de laisser transparaître l'émotion. Beaucoup de travail, sans cesse, pour viser, à terme, l'économie de moyens et la justesse. Comme en ésotérisme?

Less is more.
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Vendredi 5 décembre 2008

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Lundi 1 décembre 2008

La semaine passée fut fort productive: on ne m'a pas appelé une fois pour me vendre des trucs improbables, mais deux. Enfin, productive du point de vue absurdités et perte de temps, moins de celui des feuillets engrangés. Mais je ne suis pas homme à me soustraire à mon devoir: que tous les démarcheurs téléphoniques voyant un jour mon numéro apparaître sur leur fichier maudit cochent un jour la petite case excentrée, celle qu'ils réservent aux cas les plus difficiles et insolubles, celle qui porte la mention "cinglé".

Car, oui, j'ai bien essayé de m'inscrire en liste rouge, de demander à ce qu'on me retire des fichiers, de menacer de plaintes à la CNIL, en vain. J'ai découvert qu'il n'existe qu'une seule façon d'être tranquille (à bien des titres): la folie. Dans laquelle je me trouve pleinement justifié pour deux raisons: d'une, on est censé me foutre la paix téléphonique; de deux, offrir un moment d'éventuelle détente à mon correspondant est meilleur pour son humeur et mon karma qu'une réponse aussi brève qu'inefficace à base de grognements inarticulés.

Ceci étant dit, intéressons-nous à l'entreprise du jour, l'Office des Propriétaires de je ne sais plus quoi. On m'appelle régulièrement pour me demander si je suis propriétaire, locataire, contribuable, non-imposable et je réponds souvent "non" aux quatre questions à la suite, méfiant de nature, non-euclidien par constitution, me faufilant dans l'azur vierge régnant entre les cases des formulaires URSSAF.


Cette fois, j'ai répondu différemment, mais j'ai raté mon coup.

Démarcheuse: Allô, monsieur Placeholder?

La fille donne à ce moment un nom qui n'est pas le mien, sous lequel je me suis trouvé à une époque dans les annuaires, et qui s'est logiquement retrouvé dans les fichiers. C'est le signe indubitable que j'ai affaire à un démarcheur.

LD, enjoué: Oui, tout à fait.
Démarcheuse: Je suis [je ne sais plus, appellons-la... Albertine de la Moelle Osseuse], de l'Office Super Trop Bien des Propriétaires Parvenus. Vous êtes bien propriétaire d'une maison individuelle?
LD, toujours enjoué: Oui, dans le Loiret.

Je m'imagine déjà lui parlant de mon magnifique manoir à 25 pièces d'inspiration gothique et de ses étranges habitants aux canines pointues, mais...

AdlMO: Ah, navrée, nous cherchons des propriétaires en Bretagne. Au revoir et merci!

Dang.


Heureusement pour les besoins de l'expérience, je suis inscrit sous deux noms et je gage qu'on va rappeler dans une ou deux heures.

Ca ne loupe pas.


Albertine de la Moelle Osseuse: Allô, monsieur Davoust?
LD, toujours enjoué: Oui, c'est moi.
AdlMO: Je suis Albertine de la Moelle Osseuse, de l'Office Super Trop Bien des Propriétaires Parvenus. Vous êtes bien propriétaire d'une maison individuelle en Bretagne?
LD: Tout à fait.
AdlMO: Ah! Je vous appelle parce que nous proposons une campagne d'inspection de charpente pour les propriétaires de maisons individuelles. Connaissez-vous l'état de votre charpente, monsieur?
LD, inquiet: Non, pas du tout. Je vois ça comment?
AdlMO: Eh bien, nous pouvons vous proposer une inspection à domicile par des spécialistes. De quel matériau  votre charpente est-elle faite, monsieur?
LD, benêt: Bah j'avoue que j'en sais rien. Je peux aller voir, si vous voulez. Je monte au grenier, c'est ça?
AdlMO: Tout à fait. Les charpentes sont usuellement en bois ou en métal.

Je commence à me lever et à déambuler dans mon appart en titane de béton massif, ouvrant les portes, passant aux toilettes pour que ma voix résonne, cognant au hasard sur les murs.

LD: C'est que je ne suis pas très au fait de ces choses-là, vous savez. Attendez, je vais monter.
AdlMO: Vous avez des certificats d'inspection récente?
LD: Bah justement, c'est marrant que vous me demandiez ça: j'ai acheté la maison assez récemment mais je ne retrouve plus les papiers. Ils ont, comme qui dirait, disparu. Le lendemain de la vente. Bizarre, hein?
AdlMO: L'ancien propriétaire ne vous les a pas donnés?
LD, faisant toujours du boucan avec les portes: Oh, si. C'est amusant que vous me parliez de ça, d'ailleurs. La vieille dame qui m'a vendu la maison, elle était, comme qui dirait, étrange. Elle m'a donné les papiers, hein, tout était en règle, et le lendemain, ils avaient disparu du coffre. C'était une petite dame bizarre en noir avec un nez crochu et un chapeau pointu.
AdlMO, sans humour: Je vois, vous avez acheté la maison à une sorcière d'Halloween.

Dang, bis. Celle-ci est dure à cuire. Tant pis, il est trop tard pour changer de bobard, je reste sur ma trajectoire, on va voir jusqu'où elle marche. Je change de sujet.


LD: Voilà, je suis au grenier.
AdlMO: Vous voyez la charpente?
LD: Sniff, oui, je la vois, et d'ailleurs, sniff, c'est bizarre, ça fait un moment que je me dis ça mais sniff, sniff, ça sent le sucré, ici.
AdlMO: Le sucré?
LD: Sniff, oui, je me suis toujours sniff demandé à quoi ça tenait. Une odeur de sucré vraiment tenace.
AdlMO: Bon, et la charpente, vous la voyez?

Tenace, avec ça.


LD: Oui. Mais c'est étrange, elle s'effrite entre mes mains. Comme l'échelle du grenier, tiens, d'ailleurs?
AdlMO: Elle s'effrite? Comment ça? C'est du bois?
LD: C'est marron mais sniff c'est beaucoup plus friable, c'est étrange. Attendez, j'en prends un morceau. Sniff, sniff. Oui, c'est la charpente qui sent le sucré. Oui, c'est bien ça, attendez, je goûte, miom, miom, ah. C'est du pain d'épice.
AdlMO: Du pain d'épice. Votre charpente. C'est ça. Vous vous trouvez donc dans la maison d'Hansel et Gretel.

LD, surpris: Pas du tout, je suis chez moi, dans mon grenier.

AdlMO: Monsieur, on ne fait pas des maisons en pain d'épice, ça n'existe pas. Quand est-ce que nos spécialistes peuvent passer pour inspecter vos poutres?


Fascinant. Elle se doute manifestement que je suis un guignol, mais continue étrangement à marcher. Miracle de la soumission librement consentie retournée de manière invisible à l'envoyeur. A la réflexion, j'aurais peut-être dû faire intervenir un ogre à ce stade de la conversation.


LD: Ben ça dépend de leurs spécialités, il faut voir s'ils savent intervenir sur de la pâtisserie. De quoi s'occupent-ils exactement?

AdlMO, satisfaite de reprendre les rênes: Il y a deux personnes, l'un est spécialiste des infestations de charpentes, pour repérer les termites, par exemple..

LD, déçu: Ah. Le truc, c'est que je risque pas d'avoir de problèmes de termites, vous voyez, plutôt de charançons. J'ai plus besoin d'un pâtissier que d'un architecte, vous savez.

AdlMO: Bien sûr. Vous persistez à dire que votre maison est en pain d'épice.

LD, irrité: Je connais le goût que ça a, quand même! Bon, et l'autre, il fait quoi? 

AdlMO: L'autre est un conseiller EDF pour l'isolation et la réalisation des économies d'énergie. Monsieur, j'aurais besoin d'un horaire pour savoir quand mes conseillers peuvent passer.


Il me faut baisser mon chapeau devant sa ténacité: elle veut un rendez-vous à tout prix alors qu'elle a manifestement affaire à un cinglé - ou, du moins, à un mec peu sérieux.



LD: EDF! Mais c'est génial, ça! Vous croyez qu'ils pourraient étudier la faisabliité d'installer un four géant autour de ma maison pour recuire les murs? C'est qu'avec l'humidité et la pluie de la saison, j'ai vraiment peur que ça fonde...

AdlMO: Monsieur, quel horaire pour le rendez-vous?

LD, ferme: Dites-moi d'abord si on peut recuire mes murs, ensuite on verra. Je ne veux pas avoir de problèmes d'humidité ou de fonte.

AdlMO, capitulant: Bon, monsieur, je crois que je vais demander à mon supérieur de vous rappeler. Je lui demanderai de vous expliquer qu'on ne fait pas une maison en pain d'épice.Cela vous va?

LD: Parfaitement, j'aimerais bien qu'il m'explique!


J'attends toujours.

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Mercredi 12 novembre 2008

L'histoire est trop énorme pour que je ne la partage pas: la ville turque de Batman attaque en justice Christopher Nolan, réalisateur de The Dark Knight, pour emploi non autorisé du nom... Batman.

Hormis le ridicule consommé de la démarche (Batman a été créé en 1939 par Bob Kane, je veux bien que le courrier mette du temps à traverser l'Atlantique, mais fallait se réveiller un peu avant, les mecs), notons que la ville s'en prend au réalisateur du dernier film, qui n'a rien à voir avec la propriété intellectuelle du personnage.

Mais surtout, je trouve la chose profondément rigolote de la part d'un pays qui fait preuve d'un respect bien personnel de la propriété intellectuelle.


Je ne remercierai jamais assez l'organisation des Utopiales 2006 pour nous avoir fait partager ce monument du cinéma, Turkish Star Wars, en version sous-titrée - car la moindre réplique est immortelle. Par exemple, les deux glands qui servent de héros au film s'écrasent au début sur une planète pourrie.

Gland n°1 (appelons-le, je ne sais plus, disons, Bob). - Tu as peur?
Gland n°2 (que nous appellerons, par souci de concision, Ronald Ebenezer Penruthlan). - Oui.
Bob. - Alors ne le montre pas.
Ronald Ebenezer Penruthlan, l'air un peu supris. - Pourquoi?
Bob. - On ne sait jamais. Cette planète est peut-être exclusivement peuplée de femmes.
Ronald Ebenezer Penruthlan, après un temps de réflexion. - Tu as raison. Bombons les pectoraux.

Bref, vous aurez remarqué dans les neuf minutes d'extrait qui précèdent (si vous avez eu le courage de tenir jusqu'au bout) des "emprunts" à Star Wars, à la bande originale d'Indiana Jones, et j'en passe.

J'attends maintenant avec impatience le procès de Carta Mundi pour emploi illégal du nom "Joker".

EDIT: Beaucoup d'articles se sont trompés sur le Net (et moi avec), Hüseyin Kalkan est le nom du maire de Batman et non pas une partie du nom de la ville. Mais voilà-t'y-pas que l'heureux se retrouve avec une page à son nom sur Wikipédia. Les curieux y trouveront une série de liens plus ou moins sérieux sur l'affaire.
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